Bioéthique

Euthanasie : Quelques principes de jugement

L’euthanasie – ou bonne mort – selon son étymologie n’est pas une pratique nouvelle. Mais actuellement elle est le sujet le plus brûlant exposé dans les hôpitaux, écoles, facultés et bien entendu dans le grand public, puisque l’avortement ayant été voté n’est malheureusement plus dans l’actualité.

« Euthanasie et respect de la vie ne sont pas incompatibles », disent certains en s’appuyant pour se justifier sur de grands sophismes, soi-disant humanitaires !

Quelles sont les principes catholiques qui nous permettent de répondre?

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LES GRANDS PRINCIPES MORAUX ET RELIGIEUX

Exode XXIII, 7 : « Tu ne tueras pas le juste et l’innocent. »

Saint Paul (Épitre aux Romains XIV, 8) : « Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourrons, nous mourrons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur. »

Pie XII (20 mai 1948) : « Le principe est inviolable, Dieu seul est le maître de la vie et de l’intégrité de l’homme, de ses membres, de ses organes, de ses puissances, de celles en particulier qui l’associent à l’œuvre créatrice. Ni ses parents, ni le conjoint, ni même l’intéressé ne peuvent en disposer librement. »

Pie XII (Encyclique Mystici Corporis, 29 juin 1943) : « Le sang de ces êtres, plus chers à notre Rédempteur précisément parce qu’ils sont dignes de plus de commisération, « crie de la terre vers Dieu » (Genèse IV, 10) »

Serment d’Hippocrate : « Je ne donnerai pas, quiconque m’en prierait, une drogue homicide ni ne prendrai l’initiative de pareille suggestion. »

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L’euthanasie est toujours une action ou une omission délibérée dont l’intention est de donner la mort au patient.

           Du côté du patient, l’euthanasie volontaire apparaît comme un suicide, car le suicide est le fait de se donner volontairement la mort. Il consiste à user de n’importe quel moyen librement choisi et efficace pour se supprimer, soit en écartant les moyens habituels de protéger la vie, soit en se donnant directement la mort de sa propre main ou avec l’aide d’un autre requis à cet effet. L’euthanasie volontaire est donc la suppression de soi-même voulue de façon formelle.

           Du côté du soignant, l’euthanasie est un meurtre.

L’enseignement de l’Église est fondé sur le principe de la domination suprême que le Créateur exerce sur la vie de sa créature. Ce principe n’a pas d’exception, sinon celui de légitime défense et de peine capitale. Le droit de détruire une chose n’appartient qu’à celui pour qui cette chose a été faite, or Dieu a créé l’homme pour son service et sa louange. C’est donc Dieu et non l’homme qui a le droit de mettre un terme à la vie humaine.

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NEUF PRINCIPES À RETENIR

1- La vie ne nous appartient pas donc on ne peut se donner la mort licitement, mais on peut l’accepter comme conséquence secondaire à la charité (à la guerre, au dévouement, à la maladie).

2- La vie, la santé et toute activité temporelle sont subordonnées à des fins spirituelles.

3- Le meurtre direct d’un innocent est toujours défendu. Il est par conséquent défendu de tuer des malades pour abréger leurs souffrances. Le suicide est toujours défendu.

4- La mort se définit comme la séparation de l’âme et du corps. Or l’âme (distincte du corps), qui est le principe qui donne à tout corps d’être vivant, assure les actes inférieurs (végétative et sensitive) et supérieurs (intellectuels). Pour cette dernière opération, elle utilise les organes corporels mais n’en dépend pas et ne meurt donc pas avec eux. Cette âme humaine est immortelle. Un homme ne peut se permettre de la détacher à un moment donné d’un corps qu’il jugerait trop malade. Quel que soit l’état de son corps, l’homme reste toujours un homme de par son âme.

5- Droit et devoir en cas de maladie grave de prendre les soins nécessaires pour conserver vie et santé. Devoir envers Dieu – envers soi-même – envers la communauté humaine – envers certaines personnes déterminées, qui découle de la charité bien ordonnée, de la soumission au Créateur, de la justice sociale, de la justice stricte, de la piété envers sa famille ; mais ce devoir n’oblige habituellement qu’à l’emploi des moyens ordinaires. (Moyens ordinaire : c’est-à-dire qui n’imposent aucune charge extraordinaire pour soi-même ou pour un autre). Par ailleurs : Il n’est pas interdit de faire plus que le strict nécessaire pour conserver la vie et la santé, à condition de ne pas manquer à des devoirs plus graves.

6- Il est licite de chercher à supprimer la douleur, de l’éviter et de la calmer dans les limites indiquées et si l’on observe les conditions requises… la narcose (pour supprimer la douleur ou non) entrainant une diminution ou une suppression de la conscience est permise, même chez les mourants s’ils donnent leur accord, (si elle abrège la vie, ce n’est pas le but recherché) et si leurs devoirs moraux, civiques et religieux sont accomplis. Mais on ne doit utiliser la narcose que comme antalgique et non pour éviter au malade une fin consciente.

7- Le médecin n’a pas à l’égard du patient des droits séparés ou indépendants ; en général il ne peut agir que si le patient l’y autorise explicitement ou implicitement. Mais il aurait le droit, et pas l’obligation, d’entreprendre une réanimation sur un sujet inconscient ou dans un état désespéré même sans l’avis de la famille quitte à voir après avec elle si elle peut supporter la charge de cette réanimation.

8- L’acharnement thérapeutique consiste à poursuivre un traitement disproportionné pour une personne en fin de vie. Cette disproportion se juge selon les circonstances :

               – est-elle prête à mourir (âme, affaires réglées…)

               – difficultés des soins (financières, humaines…)

               – avenir possible du patient (fin de vie irréversible…).

« L’interruption des tentatives de réanimation n’est jamais qu’indirectement cause de la cessation de la vie, (et il faut appliquer dans ce cas le principe du double effet et celui du volontaire « in causa ») ». (Pie XII)

9- Il faut considérer outre les interdits absolus (comme l’euthanasie active), le fait que l’homme est un être multiple à considérer dans son entier.

               – les devoirs spirituels, moraux et civiques,

               – le physique,

               – le psychologique,

               – la place dans la société.

 

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Brest (avril 2018) : Les trois raisons de la réaction des jeunes catholiques contre la pièce de théâtre blasphématoire de Castellucci

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La lapidation du visage du Christ dans la pièce de Castellucci : qu’en penser ?

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Romeo Castellucci, dans une lettre ouverte que les spectateurs pourront lire avant les représentations, décrit le sens de cette scène comme « une forme de prière, un geste porté par l’innocence de l’enfance qui symbolise ici l’humanité entière« . Beaucoup se contentent de cette affirmation qui endort les consciences, mais heurte le bon sens.

Heureusement, un article de Ouest France du 10 avril 2018, nous apprend que le préfet du Mans a interdit l’emploi d’enfants pour lapider le visage du Christ, lors de la représentation qui doit avoir lieu les 10 et 11 avril: « Considérant l’âge des enfants retenus pour la prestation et les caractéristiques de la scène à laquelle les mineurs devaient participer », le préfet de la Sarthe a refusé cette autorisation d’emploi par un arrêté préfectoral.

Nous sommes heureux de l’apprendre. Le bon sens reprend parfois ses droits. Le motif invoqué par la préfecture est logique. La lapidation et le caillassage sont en effet des gestes qui reviennent en force dans notre société. La violence des enfants aussi.

 

La lapidation : son but est de provoquer à la haine contre le crime commis

la lapidation est « une peine légale (charia) condamnant à une mort atroce celui qui a commis un crime dont la punition vise à faire détester le délit commis ». Le but de cette peine est de graver une haine pour le crime.

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Le caillassage : son but est de libérer la colère et manifester la haine contre une décision des institutions

Aujourd’hui, on constate que le caillassage résulte souvent de la haine envers une personne ou envers des représentants d’une institution (comme les pompiers ou la police qui se font régulièrement caillasser)

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La violence des enfants :

Nul besoin d’épiloguer sur le sujet très actuel de la hausse de la violence chez les mineurs.

Le Telegramme – violence des mineurs en Bretagne

Ce qui est à noter, c’est que cette violence est souvent au départ, « une imitation d’un geste posé auparavant » par des aînés.

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Exécution d’un mécréant par un « lionceau » de l’Etat islamique

 

A nous de choisir notre avenir !

  • Ou bien on éduque au respect et à la douceur, et on aura une majorité de la population qui sera respectueuse ;
  • Ou bien on justifie des gestes de violence dure et d’irrespect de la part d’enfants, et on aura une augmentation de violence dans la société.
  • En outre, il s’agit dans ce spectacle bel et bien d’agression du visage du Christ. Nul ne s’étonnera de l’augmentation constante des actes de sacrilèges violents (cf https://www.christianophobie.fr). Le Christ s’est laissé outragé et crucifié, mais ceux qui l’ont outragé et mis à mort ont fait un grand péché. On ne pourra jamais les justifier, seulement leur pardonner.

Une conclusion ?

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